association des amis de yiddish pour tous 

Charles  Goldszlagier

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Michèle Zefferi

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Douglas Kiman 

HISTOIRE DE LA MUSIQUE KLEZMER

La formule du Yiddish Pour Tous est aussi ambitieuse que pertinente.

En effet, la culture Yiddish n’est plus exclusivement la culture des Juifs d’Europe centrale et orientale, la culture des shtetls et de la Zone de Résidence, la culture des juifs ashkénazes. Les instituts et les festivals, les ouvrages et les travaux universitaires, les medias et les nouvelles technologies ont permis d’ouvrir cette culture, avec tous les trésors qu’elle renferme, et de l’étendre à tous les publics potentiels. Voilà donc une culture qui s’est universalisée. Et c’est justement cette universalité, qui rend possible le partage et l’ouverture, qui m’intéresse dans la musique klezmer. Yiddish Pour Tous est devenue une institution qui participe de cette universalité et c’est la raison pour laquelle j’ai l’honneur de me joindre à elle.

Il est ethnomusicologue et historien, spécialiste de la musique klezmer.

Cette musique est celle de mes ancêtres et je considère que la transmettre participe du devoir de mémoire. La passion que je nourris pour elle me permet de conjuguer ce devoir avec le plaisir. C’est donc dans cette perspective hédoniste que je vous propose d’aborder l’histoire de la musique klezmer et de partager avec vous cette passion. Chaque mois, je livrerais ainsi une partie de cette histoire, et tisser la trame musicale et humaine, depuis la première impression monographique des mots kli zemer jusqu’aux problématiques contemporaines du néo-klezmer.

Yikhes par Douglas Kiman YPT.png

L’histoire du klezmer est à mon sens divisée en quatre grandes périodes. La première et la plus longue, qui s’étend du XVIème siècle jusqu’à la fin du XIXème siècle, est celle que j’ai nommé le proto-klezmer. La seconde est celle de son implantation aux États-Unis, de la fin du XIXème à la Seconde guerre mondiale. La troisième, la plus courte, est celle de sa revitalisation ou renaissance, à lieu dans les années 1970 et 1980. Le nom de « musique klezmer » émergea en fait à cette période, grâce au tsimbaliste Walter Zev Feldman et au musicologue Mark Slobin. La quatrième et dernière période est celle dans laquelle nous sommes, celle du néo-klezmer, ou post-klezmer – nous approfondirons ces notions ultérieurement – qui commence dans les années 1990.

Le premier problème de l’historien, et le principal en fait, est celui des sources et des ressources, des preuves et des faits. Le second est sans doute celui des interprétations et des recoupements. Le premier défi, donc, et le plus conséquent, est la première période du klezmer, car les sources dont nous disposons sont infimes. Ce prologue me permet ainsi d’introduire le premier épisode et l’un des concepts principaux : le lignage (yikhes en yiddish).

La profession de klezmer était en effet transmise de père en fils et d’oncle à neveu. Cette transmission était entièrement orale (les klezmorim ne sachant ni lire ni écrire la musique) et exclusivement réservée aux hommes. On disait alors d’un musicien qu’il avait du yikhes, c’est-a-dire un pedigree impressionnant, une parenté de musiciens, une lignée dont il pouvait s’enorgueillir. Je propose en conséquence deux extraits musicaux permettant d’illustrer cette notion.